Souvent considéré comme une simple plante décorative, le lierre grimpant cache en réalité de nombreuses propriétés médicinales. Présent sur les murs des maisons, les troncs d’arbres ou les haies, il accompagne les paysages européens depuis des siècles. Pourtant, derrière son feuillage persistant et son apparente discrétion se trouve une plante riche en principes actifs.
Utilisé aussi bien dans les traditions populaires que dans la phytothérapie moderne, le lierre est particulièrement reconnu pour son action sur la sphère respiratoire et pour ses usages en cosmétique naturelle. Toutefois, comme de nombreuses plantes médicinales, il doit être utilisé avec précaution.
Dans cet article, nous allons découvrir l’histoire du lierre, sa description botanique, ses bienfaits sur la santé, ainsi que les précautions à connaître pour l’utiliser correctement.
L’histoire du lierre : une plante symbolique et ancienne
Le lierre accompagne l’être humain depuis l’Antiquité. Les civilisations grecques et romaines lui attribuaient déjà une forte valeur symbolique. Chez les Grecs, il était associé à Dionysos, dieu du vin et de la vitalité. Les couronnes de lierre symbolisaient alors la longévité, la fertilité et la protection.
Au Moyen Âge, cette plante grimpante apparaît dans de nombreux écrits médicinaux et herbiers. Les guérisseurs, comme Hildegarde de Bingen, l’utilisent principalement pour traiter les affections respiratoires, mais aussi certaines douleurs articulaires ou problèmes de peau. Le lierre était notamment indiqué en cas de perte de raison.
Dans les campagnes européennes, le lierre était également réputé pour ses propriétés purifiantes. Certaines traditions recommandaient d’en accrocher aux portes ou aux murs des habitations afin d’éloigner les influences néfastes.
Description botanique du lierre
Le lierre grimpant est une plante vivace appartenant à la famille des Araliacées. Il pousse spontanément dans une grande partie de l’Europe, mais aussi en Asie occidentale et en Afrique du Nord. Cette plante possède plusieurs caractéristiques qui la rendent facilement identifiable.
Tout d’abord, le lierre est une plante grimpante persistante. Cela signifie qu’il conserve ses feuilles tout au long de l’année. Grâce à ses racines adventives, il peut s’accrocher sur les arbres, les murs ou les rochers et grimper parfois jusqu’à plusieurs dizaines de mètres de hauteur.
Ses feuilles sont coriaces, luisantes et d’un vert sombre. Elles présentent généralement trois à cinq lobes chez les jeunes rameaux. En revanche, les feuilles des rameaux florifères sont souvent ovales et non lobées. Cette particularité botanique permet de distinguer les différentes phases de développement de la plante.
La floraison du lierre intervient entre avril et janvier. Les fleurs sont petites, verdâtres et regroupées en ombelles. Bien que discrètes, elles constituent une ressource très importante pour les insectes pollinisateurs à une période où les autres fleurs se font rares.
Les fruits apparaissent ensuite sous forme de petites baies rondes, d’abord vertes puis noires à maturité. Elles arrivent généralement à maturité au printemps suivant. Ces baies sont très appréciées des oiseaux, qui participent à la dissémination de la plante. Cependant, il est important de noter que ces fruits sont toxiques pour l’être humain.
Les bienfaits du lierre en phytothérapie
Un allié contre la toux
Le lierre est surtout connu pour ses effets bénéfiques sur la sphère respiratoire. Il agit comme expectorant naturel et aide à dégager les bronches. Les saponines qu’il contient stimulent la sécrétion de mucus tout en favorisant son élimination. Par conséquent, la plante est souvent utilisée pour soulager : la toux grasse, la bronchite et les affections respiratoires hivernales.
Le lierre possède également une action légèrement antispasmodique. Cela signifie qu’il peut contribuer à calmer les contractions des bronches. Grâce à cet effet, il peut aider à réduire les quintes de toux et améliorer le confort respiratoire.
Un soutien pour la circulation
En usage externe, le lierre est souvent utilisé pour stimuler la circulation sanguine et lymphatique. Ses propriétés tonifiantes en font un ingrédient fréquent dans les soins destinés à améliorer l’aspect de la peau. On le retrouve notamment dans les préparations visant à :
- réduire la sensation de jambes lourdes
- soutenir la circulation
- améliorer l’aspect de la cellulite
Dans ce cas, on utilise généralement des macérats huileux ou des lotions.
Posologie et modes d’utilisation
Infusion de feuilles séchées
Bien que peu courante, l’infusion peut être réalisée avec de très petites quantités. Pour combattre la toux et les affections hivernales, il est préférable de privilégier d’autres plantes plus répandues pour ces effets.
Néanmoins, voici la posologie indicative : 1 à 2 g de feuilles séchées pour 200ml d’eau. Laisser infuser 10 minutes, jusqu’à deux fois par jour.
Encore une fois, cette utilisation reste relativement rare en phytothérapie domestique.
Usage externe
Pour les applications cutanées, on utilise souvent :
- un macérat huileux de feuilles de lierre
- des lotions ou des gels
Ces préparations peuvent être appliquées localement pour stimuler la circulation ou tonifier la peau.
Contre-indications et précautions
Malgré ses nombreux bienfaits, le lierre doit être utilisé avec prudence.
Tout d’abord, les baies de lierre sont toxiques pour l’être humain.
Les feuilles contiennent également des substances irritantes. Par conséquent, elles peuvent provoquer des réactions cutanées chez certaines personnes sensibles. Leur ingestion peut également provoquer des troubles digestifs tels que des nausées, des vomissements ou des douleurs abdominales.
Le lierre est généralement déconseillé :
- chez les jeunes enfants sans avis médical
- pendant la grossesse et l’allaitement
- en cas d’allergie connue à la plante
Enfin, toute utilisation thérapeutique prolongée doit idéalement se faire sous l’avis d’un professionnel de santé ou d’un praticien en phytothérapie.
Conclusion
Discret mais omniprésent dans nos paysages, le lierre grimpant est bien plus qu’une simple plante décorative. Derrière ses feuilles persistantes se cache une plante médicinale riche en principes actifs et dotée de propriétés thérapeutiques.
Particulièrement efficace pour soutenir la sphère respiratoire, il constitue un allié contre la toux et les affections bronchiques. De plus, ses usages externes en font une plante intéressante pour stimuler la circulation et améliorer l’aspect de la peau.
Cependant, comme toute plante médicinale, le lierre doit être utilisé avec discernement. Ses baies sont toxiques et ses feuilles contiennent des substances actives puissantes qui nécessitent un dosage adapté.
Observer cette plante grimper le long des arbres ou des murs rappelle que, parfois, les remèdes les plus précieux se trouvent juste sous nos yeux.
Quelques sources pour aller plus loin :



