Le sureau noir, de la famille des caprifoliacées est un petit arbre mesurant entre 4 et 6 mètres de hauteur. Il est visible partout en France sauf en montagne à partir de 1400 mètres d’altitude.
On l’appelle aussi l’arbre aux fées, le hautbois ou encore le protecteur de la maison.
Il pousse naturellement dans les bois frais, en bord de rivière…Mais on le retrouve surtout près de habitations, dans les villages, à l’orée des forêts, dans les haies. On le repère de loin en Mai-juin lors de sa belle floraison de couleur blanche et crémeuse.
En fin d’été, l’arbre se pare de petits fruits noirs violacés très appréciés par les oiseaux et aux multiples vertus nourrissantes et thérapeutiques pour nous.

Un peu de botanique…


De nombreux rejets et jeunes rameaux poussent à la base du tronc formant une souche d’un aspect touffu.
L’écorce des troncs âgés est grise et profondément gerçurée. Son vieux bois est d’ailleurs solide, il sert à la fabrication de piquets de clôture très résistant, ou encore à la création d’instruments de musique. C’est un bois apprécié par les ébénistes.
L’écorce plus jeune est lisse et verte, les jeunes rameaux sont cassants et fragiles. Les branches sont creuses et remplies d’une moelle blanchâtre riche en cellulose.
Les feuilles qui apparaissent très vite au printemps sont de grandes tailles entre 10 et 40 cm. Elles sont composées de 5 à 7 folioles à extrémité pointue et bord denté. Les feuilles froissées émanent une odeur assez désagréable.
Les inflorescences blanches crémeuses sont rassemblées en grandes ombelles ou corymbes aplatis de 10 à 20 cm très odorants.



La petite histoire…


Le nom botanique du sureau, Sambucus, provient du grec Sambuké « flûte ». En effet la moelle des rameaux se retire facilement ce qui permet de fabriquer des instruments de musique avec le tube obtenu.
La flûte enchantée des légendes germaniques était en sureau et les sons qu’on en tirait protégeaient des sortilèges. Plus simplement, les branchettes de sureau servent à faire des sifflets.
Les premières traces que l’on ait retrouvées remontent à l’Age de pierre et de bronze ! Les populations préhistoriques récoltaient les baies de sureau et peut être en produisaient une boisson fermentée. Des amas de graines dans certaines stations archéologiques ont été découverts.
A l’Antiquité, c’est Hippocrate qui vante ses vertus thérapeutiques, notamment pour soigner les œdèmes. Gallien l’employait pour éliminer les excès d’eau et de mucus. Au moyen âge, Sainte Hildegarde (XII) préconisait son usage contre la jaunisse en préparant des bains avec les feuilles.
Une légende en Bretagne veut que chaque petite fleur blanche soit une fée venue se réfugier entre les pétales depuis que le monde est devenu si méchant.

La récolte et le séchage

La récolte de fleurs s’effectue ente mai et juin selon les régions. Il est préférable de cueillir les fleurs avant leur complète éclosion afin que le pollen contenu dans les étamines ne s’envole en nuée jaune épaisse. Le séchage n’en sera que de meilleure qualité et gardera sa belle couleur crémeuse.
On prélève directement sur l’arbre, en pinçant juste sous les fleurs au niveau des ombellules. Il n’est pas essentiel de cueillir toute l’ombelle avec son pédoncule car cette partie est très chargée en eau et peut nuire au séchage. La récolte sèchera ainsi plus facilement et plus rapidement.
Il est important de ne pas cueillir les fleurs humides, elles risqueraient de brunir pendant la phase de séchage et perdraient alors beaucoup de leur propriété.
Les fruits se récoltent quant à eux à la fin de l’été da la même manière que les fleurs. Ils sont ensuite égrainés et triés en attendant leur transformation en gelée et sirop. Les fruits utilisés pour les infusions sont mis à sécher à bonne température sur des claies dans l’obscurité.
Les bourgeons de sureau sont les premiers à débourrer à la fin de l’hiver. Ils donnent en quelque sorte le signal du début du printemps aux autres arbres. Ils sont employés en gemmothérapie pour leur propriété drainante.



Vertus et bienfaits

Respiration, fièvre, rhume
Le sureau noir aide à éliminer le mucus des bronches, les rhinites allergiques et la congestion des sinus.
Les fleurs riches en mucilage sont adoucissantes et émollientes. Les fruits sont riches en vitamines A et C. Ils aident en douceur à assécher les nez qui coulent.
Pris avant et pendant la saison des rhumes des foins, le sureau atténue la sévérité de l’affection.
Une infusion tiède peut être appliquée en compresse pour faire baisser la température. Les fleurs sèches dissipent la chaleur de la fièvre et encourage la transpiration.
Elles sont utilisées traditionnellement lors des épisodes grippaux et refroidissements.


Circulation
Le sureau décongestionne la chaleur, l’amène à la surface et stimule la circulation des fluides permettant l’élimination des toxines.
L’infusion de fleurs sèches s’emploie pour diminuer la cellulite et soulager les varices.


Immunité
Les flavonoïdes anti oxydants contenus dans les fruits inhibent l’action des virus notamment celui de la grippe et du rhume.
Le sureau ralentit du vieillissement et renforce le système immunitaire en stimulant l’organisme.


La peau
Le sureau active la transpiration et l’élimination des toxines, en apportant la chaleur du corps sous la peau et en ouvrant les pores. Cela a donc un effet positif sur les affections cutanées (acné, herpès, psoriasis…)
Le sureau utilisé en onguent apaise, adoucit et protège la peau en cas de brûlures, engelures et coups de soleil.


L’articulation
Depuis des siècles, le sureau est utilisé pour soulager les douleurs arthritiques et la goutte.
Il est donc destiné aux douleurs articulaires et rhumatismales.
Il soulage les crampes musculaires, la sciatique et toute forme de raideurs des ligaments et des tendons.


L’élimination
Le sureau est réputé pour être un excellent diurétique. Il favorise le travail des reins et aide à libérer la chaleur (infection) dans tout l’appareil urinaire. Il contribue à une meilleure sécrétion des liquides et aide à l’élimination naturelle (selles, urines, transpiration). Pour soulager une cystite, on le mélangera avec de la bruyère pour son effet désinfectant.


Utilisations


En infusion
Une pincée des fleurs sèches par tasse d’eau chaude à prendre dès les premiers refroidissements et symptômes grippaux.
Le sureau peut être associé à l’ortie pour les rhinites allergiques. Pour les fièvres, un mélange de menthe poivrée, d’achillée et fleurs sèches de sureau. Pour la grippe, on l’associe avec l’hysope.


En décoction
Faire bouillir 1 cc de baies séchées par tasse pendant 10 minutes, boire 1 à 3 tasses par jour.


Sirop et confiture (fleurs et baies)
Le sirop et la confiture sont fabriqués à partir du jus des fruits. Le sucre contenu dans les fruits permet une bonne conservation, seul un ajout de miel ou sucre roux est nécessaire. Boosters incontournables de l’immunité à prendre en tout début d’hiver ou dès que la gorge commence à gratter.


Onguent
Anciennement, on fabriquait un onguent des feuilles de sureau pour soigner les blessures, les brûlures et les coupures.


Huile solarisée
La macération solaire de fleurs dans une huile végétale s’utilise sur les gerçures, les abcès qu’elle fait mûrir. Elle éclaircit un teint terne et fatigué. S’emploie également en massage pour soulager les rhumatismes.

Gemmothérapie (les bourgeons)
Le bourgeon de sureau est utilisé pour drainer les surcharges de l’organisme, il aide aux digestions lentes. Prendre sous forme de cure de 3 semaines à raison de 5 gouttes de macérât mère 3 fois par jour.


Recette « Limonade aux fleurs de sureau ou champagne des fées »

Ingrédients :
• 4 belles ombrelles de fleurs de sureau
• 2 litres d’eau
• 225 gr de sucre
• 2 citrons

Préparation :
Dans un bocal, mettez les fleurs de sureau, le sucre et les citrons entiers émincés.
Versez dessus l’eau. Fermez le bocal et exposez au soleil 5 à 6 jours tous les jours.
Filtrez et versez dans des bouteilles hermétiquement fermées puis mettez au frais pendant 2 semaines avant de consommer